Lundi 30 novembre 2009
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Notre loisir, la détection
électromagnétique, nous amène souvent à rencontrer ces croix, le long des chemins, en bordure des champs ou domaines agricoles. Comment alors réfréner la forte envie d’y passer
notre poêle ? Comment résister à ce murmure, venu du fond des âges, qui nous pousse à fouiller les alentours, persuadés que nous sommes d’y trouver des secrets bien cachés. C’est surtout
parce ce que nous ignorons pourquoi, à cet endroit là précis, nos anciens se sont épuisé à dresser ce monument.
Elles sont d’origine religieuse. Il est d’usage de considérer que ces croix sont avant tout érigées dans un but de christianisation. On
distingue, en gros, différents types de ces monuments.
Croix de chemin
Au cours des siècles, et surtout au moyen âge, les populations ont conquis des portions importantes de territoire en transformant les
forêts, lieux sauvage infertiles, en terrain agricole, destiné à nourrir une population en grande croissance. La peur et les croyances diverses ont imposées naturellement l’érection de symboles
pour protéger les carrefours et les lieux important de «rendez-vous». D’autre part, un autre intérêt réside dans la hauteur de la croix : dans la neige ou le brouillard, la croix de chemin,
posée sur son socle, reste une marque importante de sauvegarde pour le voyageur.
Croix de limites, ou de sauveté
Elles indiquent les limites de domaines ou de villages. A partir du XIème siècle, à la création des «sauvetés», il est d’usage
d’indiquer, par ces croix, les lieux d’asiles ou de prospérités placés sous le contrôle de l’église. Ces croix sont, en général, des monuments imposants, en pierre.
Croix de ville, de cimetière...
C’est en bordure de l’église ou du cimetière que l’on trouve ces croix, destinées à accueillir le prêche dominical ou les manifestations
villageoises chrétiennes.
Croix de fontaine, de source, de sommet
Les points hauts ou les points de rassemblement ont fait l’objet d’un marquage chrétien, s’opposant ainsi aux cultes paiens qui avaient
souvent lieu sur ces points hauts ou aux bords des sources et points d’eau.
Croix de mémoire
Un grand nombre de croix servent de témoins : mort brutales, duel, combats, évènement mystérieux, ou coup de chance font l'objet
d'une érection de croix. Dans le même registre citons les croix de pèlerinage, qui le plus souvent ne marquent pas une étape sur un trajet, mais rappellent le pèlerinage du donateur. Certaines
"croix des batailles" se souviennent seules, et confusément, d'un conflit, souvent oublié par les générations présentes sur les lieux de ce
conflit.
Les croix de missions, ou de pèlerinages, sont en général très « richement » décorées. Erigées entre le XVIIème et le XXème
siècle, en métal forgé, elle montre le niveau social des donateurs et participants à ces missions ou pèlerinages lointains.
Croix de rogations
Ce sont ces croix qui, aujourd’hui, nous intéressent plus particulièrement. Le mot «Rogation» vient du latin rogare, qui signifie
«demander». Dans le calendrier liturgique chrétien, les jours des Rogations sont les trois jours précédant l'Ascension. Ce terme sert à qualifier cette période de l'année car l'Évangile du
dimanche précédent comprend le passage « demandez ce que voudrez et cela vous sera accordé » (Jean 15, 7). Ce dimanche lui-même était appelé dimanche des Rogations. Ce jour marquait, avant le
concile Vatican II, le début d'une période de trois semaines pendant laquelle la célébration des mariages était interdite par l’Églises. Pendant les Rogations, il était de coutume d’observer un
jeûne préparant la célébration de l’Ascension. Pour « surveiller » ce jeûne, les prêtres organisaient des processions, afin d’occuper les
fidèles. Le prêtre bénissait les champs et demandait les grâces nécessaires afin que les habitants du pays obtiennent de bonnes récoltes, en faisant une halte devant les croix marquant les lieux
à bénir...
Cette fête, introduite par saint Mamert en 470 dans la vallée du Rhône, est étendue à toute la Gaule lors du concile d'Orléans (511). À
cette époque, les rogations ont pris la place, dans le calendrier, de la fête romaine des robigalia, célébrations cultuelles pour la protection des
céréales contre la rouille qui se déroulaient le 6e jour avant les calendes de mai. Lors de la réforme liturgique catholique en 1969, les prières des Rogations on été maintenues, mais à charge de
chaque Eglise d’en fixer les conditions d’application et la date d’exécution.
Autrefois, les trois jours se déroulaient de façon identique. Le matin, procession sur une partie du village, en général un coté
cardinal à la fois. L’après midi, messe des rogations, chaque messe étant dédiée à une famille de culture particulière.
Forme : les croix de rogations sont en général en pierre, posées sur un petit autel destiné à recevoir les donations et offrandes
des villageois.